Réunion transfrontalière à Thionville à l’initiative de l’AFAL : santé, fiscalité et retraites au cœur des débats

Willy Seiwert, Pierre Cuny, Véronique Guillotin, Pascal Peuvrel, Christophe Biraud, Quentin Gavillet

Le vendredi 19 septembre 2025, l’AFAL (Association des Frontaliers au Luxembourg) a accueilli une rencontre essentielle entre acteurs politiques locaux, représentants des frontaliers du Luxembourg et un représentant de la Communauté des Français du Luxembourg.

Cette réunion, placée sous le signe du dialogue, a mis en lumière les défis quotidiens auxquels sont confrontés les quelques 120 000 travailleurs frontaliers français qui franchissent chaque jour la frontière.

Des participants engagés sur le terrain

La rencontre a réuni :

L’AFAL : un acteur de proximité au service des frontaliers

L’Association des Frontaliers au Luxembourg (AFAL) s’impose déjà comme une structure incontournable. Elle compte plus de 1 700 adhérents et fonctionne principalement grâce à des bénévoles, épaulés par un salarié à temps partiel.

Ses locaux de Thionville se composent de :

  • un rez-de-chaussée dédié à l’accueil, aux conférences et aux cours de luxembourgeois,
  • un étage réservé aux permanences individuelles (juridique, retraite, fiscalité, invalidité, accidents du travail, etc.).

L’AFAL propose aussi des partenariats pratiques (réductions auprès de commerces, opticiens ou restaurants), renforçant son rôle d’accompagnement global pour les frontaliers. Entre autres elle a noué un partenariat avec la Communauté des Français du Luxembourg mais aussi et surtout elle est à l’initiative vient de le création de la Confédération européenne des frontaliers,

Santé : un défi transfrontalier majeur

Le constat est clair : le nord de la Meurthe-et-Moselle et la Moselle frontalière souffrent d’une grave pénurie de soignants. Beaucoup de médecins et infirmiers quittent la France pour rejoindre le Luxembourg, attirés par de meilleures conditions de travail et des salaires plus élevés.

Face à ce déséquilibre, la sénatrice Véronique Guillotin a proposé plusieurs pistes :

  • la création d’un Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) transfrontalier,
  • la reconnaissance mutuelle des diplômes et une formation partagée,
  • l’expérimentation d’un dispositif permettant à des médecins français d’être rémunérés via la CNS luxembourgeoise pour les soins dispensés aux frontaliers,
  • l’application d’un coefficient géographique, déjà voté au Sénat, pour majorer les financements des hôpitaux en zone frontalière.

Fiscalité et retraites : un besoin de clarté et d’équité

Les discussions ont également porté sur la fiscalité spécifique des frontaliers, souvent mal comprise à Paris, où la situation luxembourgeoise est perçue comme un cas particulier. Pourtant, elle concerne plus de 120 000 travailleurs et leurs familles.

Deux enjeux prioritaires ont été rappelés :

  • lancer une véritable étude d’impact sur la fiscalité des frontaliers, afin d’en mesurer les conséquences économiques et sociales,
  • mieux défendre les retraités poly-pensionnés, souvent confrontés à des complexités administratives (et financières)

Des perspectives nationales et européennes

Au-delà des constats, cette rencontre a permis de tracer plusieurs pistes d’action :

  • poursuivre le plaidoyer au Parlement français et au Sénat, faire avancer le projet d’institut transfrontalier de formation en santé,
  • renforcer la coopération à l’échelle européenne grâce à la Confédération européenne des frontaliers, afin de peser davantage dans les négociations sur le chômage et la sécurité sociale.

Une deuxième partie de matinée sous le signe du dialogue

Après la séance de travail dans les locaux de l’AFAL, Pierre Cuny et son équipe municipale ont convié les représentants des associations et la Sénatrice Véronique Guillotin à un temps d’échange plus approfondi et moins formel. Cette seconde partie de matinée a permis d’élargir les discussions autour des problématiques spécifiques aux frontaliers : mobilité quotidienne, saturation des infrastructures, équilibre territorial entre Thionville et le Luxembourg, mais aussi perspectives de coopération renforcée entre collectivités locales.

Ce moment a illustré la volonté de la ville de Thionville d’être un acteur pivot dans le dialogue transfrontalier, en soutenant les initiatives qui facilitent la vie des frontaliers et en renforçant son rôle de relais entre les citoyens, les associations et les décideurs politiques.

Une coopération à poursuivre

En conclusion, la réunion a confirmé l’importance d’un travail collectif pour répondre aux défis spécifiques des frontaliers. L’engagement de l’AFAL, le relais politique assuré par la sénatrice Véronique Guillotin, et la mobilisation des élus locaux constituent un socle solide pour porter ces enjeux à Paris, Luxembourg et Bruxelles.

https://www.lesfrontaliers.lu/societe/frontaliers-sante-chomage-et-retraites-au-coeur-des-debats/

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