Article Christophe Biraud (avec IA)

Le mercredi 10 décembre 2025, le Kinepolis de Luxembourg a accueilli l’un des derniers grands rendez-vous de l’année : le Trend Makers 2026, organisé par le Paperjam Club. Devant une salle comble, dirigeants, investisseurs, experts et acteurs de l’économie luxembourgeoise se sont réunis pour identifier les grandes tendances qui façonneront l’année 2026.
La soirée a articulé ses échanges autour de quatre thèmes majeurs autour d’un panel d’experts de haut niveau pour décrypter 2026:
- compétitivité,
- transition technologique,
- transition verte
- défense.

Le panel réunissait plusieurs personnalités influentes de l’économie européenne :
- Nadia Calviño, (présidente de la Banque Européenne d’Investissement (BEI)) voir fiche plus bas
- Julie Becker (CEO de la Bourse de Luxembourg)
- Michel Detaille (Multientrepreneur et administratrice indépendante)
- Yannick Oswald, (Associé chez Mangrove Capital Partner)
Le Premier ministre Luc Frieden devait également intervenir, mais sa présence a été compromise par la réunion de son parti concernant le remaniement ministériel et il a pu rejoindre le panel sur le tard dans les 10 dernières minutes.
Dès l’introduction, un exercice marquant : chacun des intervenants partage ce qu’il retient de l’année 2025. Entre instabilité géopolitique, adoption de la monnaie digitale luxembourgeoise, transformation des marchés financiers et montée des enjeux climatiques, tous soulignent un monde en pleine accélération.
1. Compétitivité : un impératif européen et luxembourgeois
Le constat est clair : l’Europe doit retrouver un choc de compétitivité.
Les points clés évoqués :
L’industrie souffre du coût de l’énergie et de réglementations jugées trop lourdes.
Le Luxembourg doit miser sur son pragmatisme historique, simplifier l’implantation des entreprises et accélérer les autorisations.
Le rapport Draghi inspire une vision : intégrer les marchés, simplifier, investir massivement.
L’Europe dispose pourtant d’atouts : centres de recherche, écosystème de startups, excellence industrielle.
➡️ réduire la bureaucratie
➡️ simplifier la régulation pour favoriser l’innovation
2. Transition technologique : l’IA au cœur de l’économie 2026
Impossible désormais de parler de technologie sans évoquer l’intelligence artificielle.
En 2026, l’enjeu ne sera plus seulement de comprendre l’IA mais de l’intégrer verticalement dans tous les secteurs.
Points saillants du débat :
Le futur se jouera dans les applications, plus que dans les modèles fondamentaux.
Le Luxembourg dispose d’une opportunité unique en misant sur des secteurs où il contrôle la donnée : santé, social, finance.
Les PME doivent accélérer l’automatisation et la robotisation sous peine de perdre en compétitivité.
L’Europe investit dans des AI Factories et dans la souveraineté des données, afin de ne plus dépendre des infrastructures américaines ou chinoises.
Selon les intervenants :
➡️ L’IA ne détruira pas massivement l’emploi — elle transformera les compétences
➡️ La formation continue et l’upskilling deviennent stratégiques
3. Transition verte : un virage économique incontournable
La transition climatique reste l’un des piliers majeurs pour 2026.
La BEI finance à grande échelle les infrastructures vertes :
- interconnexions,
- décarbonation de l’industrie,
- hydrogène vert,
- énergies renouvelables.
Éléments clés :
92 % des entreprises européennes investissent désormais dans la transition.
Le phénomène du green hushing apparaît : certaines entreprises agissent mais n’osent plus communiquer.
Le Luxembourg Stock Exchange poursuit son leadership avec de nouvelles plateformes dédiées aux plans de transition des entreprises polluantes pour éviter les « stranded assets ».
Michel Detaille appelle à un réalisme industriel : la transition ne peut pas réussir contre l’industrie, mais avec elle.
4. Défense : un tournant historique pour l’Europe

Pour la première fois de son histoire, la BEI finance la défense européenne, reflet d’un monde géopolitiquement instable.
Les priorités 2026 :
- Mobilité militaire et protection des frontières
- Technologies spatiales et systèmes critiques
- Fabrication de drones et renforcement de la chaîne industrielle européenne
- Soutien aux PME impliquées dans la défense
Un objectif de 4,5 milliards d’euros de financement a été validé pour 2026, soit près de 5 % des engagements européens.
Nadia Calviño rappelle :
« Renforcer la défense européenne est indispensable pour préserver la paix, fondement du projet européen. »
Une soirée visionnaire sur l’avenir du Luxembourg et de l’Europe

Entre innovation, souveraineté, compétitivité et durabilité, la soirée a livré une lecture lucide et ambitieuse des défis qui attendent le Luxembourg et l’Union européenne.
Un rendez-vous à suivre chaque année pour anticiper les mutations économiques, technologiques et géopolitiques à venir.












Qui est Nadia Calviño ? — Fiche synthétique 2025

Nadia Calviño Santamaría (née en 1968, à La Corogne, Espagne) est une économiste et haute fonctionnaire espagnole occupant depuis janvier 2024 un poste majeur dans la gouvernance économique européenne :
👉 Présidente de la Banque Européenne d’Investissement (BEI / EIB) — première femme à la diriger depuis sa création.
Parcours et responsabilités clés
2024–présent : Présidente de la BEI Dirige l’institution financière publique la plus importante au monde, au cœur du financement européen : transition énergétique, infrastructures, innovation, défense, compétitivité, numérique. 2018–2023 : Vice-présidente puis ministre de l’Économie, du Commerce et de la Transformation numérique (Espagne) Figure centrale du gouvernement de Pedro Sánchez, elle a piloté la reprise post-Covid, les réformes structurelles et la mise en œuvre du Plan de relance espagnol financé par l’UE. 2014–2018 : Directrice générale du Budget à la Commission européenne Responsable de la préparation et de la gestion du budget européen. 1990s–2014 : Divers postes au ministère espagnol de l’économie et concurrence Spécialiste de la régulation, des marchés et de la politique économique européenne.
Domaines d’influence
Compétitivité européenne
Son rôle à la BEI lui confère une influence considérable sur les investissements stratégiques (intelligence artificielle, semi-conducteurs, infrastructures critiques).
Transition verte et numérique
Elle pilote une réorientation massive des financements BEI vers les technologies propres, les énergies renouvelables, et l’innovation digitale.
Défense et résilience industrielle
Sous sa présidence, la BEI a engagé un virage prudent mais réel vers le financement de projets liés à la sécurité européenne.
Style et réputation
Profil technocratique, multilingue, réputée pour sa maîtrise des dossiers européens. Considérée comme pragmatique, consensuelle mais ferme sur les enjeux de discipline économique. Souvent citée parmi les personnalités influentes de l’UE