Interview réalisée par Christophe Biraud (Jeudi 18 juin)

Installé au Luxembourg depuis plus de trente ans, Jean-François Boulot fait partie de ces Français qui ont construit une grande partie de leur vie au Grand-Duché. Entre carrière professionnelle, engagement associatif et passion pour le rugby, son parcours illustre parfaitement une intégration réussie.
Bonjour Jean-François, pouvez-vous vous présenter ?
Je suis né il y a 62 ans en Bourgogne, dans la région de Gueugnon. J’ai grandi dans un environnement où le sport occupait une place importante. À l’école, j’ai pratiqué aussi bien le football que le rugby. Plus tard, après différentes expériences professionnelles en France, je me suis retrouvé confronté à une restructuration de mon entreprise. J’ai alors repris des études en informatique avant d’être contacté par une société luxembourgeoise.
Comment êtes-vous arrivé au Luxembourg ?
Ce n’était absolument pas prévu. Une entreprise coréenne pour laquelle je travaillais a quitté la région pour s’installer en Irlande. Après une reconversion en informatique, plusieurs opportunités se sont présentées au Luxembourg. J’ai intégré Télindus, qui m’a ensuite placé à la Spuerkess. J’y ai construit l’essentiel de ma carrière jusqu’à mon départ à la retraite.
L’intégration a-t-elle été facile ?
Oui, même si travailler dans un environnement majoritairement luxembourgeois représentait un défi au départ. J’ai toujours aimé m’adapter. Mes collègues m’ont beaucoup aidé à découvrir le pays, sa culture et même quelques mots de luxembourgeois. Avec le temps, je me suis senti pleinement intégré.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus au Luxembourg ?
La qualité de vie. Aujourd’hui, j’habite à Strassen et j’ai la sensation d’être à la campagne tout en restant proche de la ville. J’apprécie également la richesse du patrimoine luxembourgeois, ses châteaux, ses forêts et les nombreuses activités proposées.
Si des amis venaient passer un week-end chez vous, que leur feriez-vous découvrir ?
La première journée serait consacrée à Luxembourg-Ville : la vieille ville, les monuments, les fortifications et le Grund en soirée. Le lendemain, direction les châteaux du pays et les magnifiques paysages de la Petite Suisse luxembourgeoise. Beaucoup de visiteurs sont surpris par la diversité du Luxembourg.
Vous avez également marqué le monde du rugby luxembourgeois. Comment cela est-il arrivé ?
Par hasard ! Un ami m’a proposé d’encadrer des jeunes joueurs. J’ai accepté et passé progressivement mes diplômes d’entraîneur. Quelques années plus tard, je me suis retrouvé impliqué dans la Fédération luxembourgeoise de rugby. Lors d’élections internes, les circonstances ont fait que l’on m’a proposé la présidence. J’ai accepté ce défi avec enthousiasme.
Que vous a apporté cette expérience ?
Énormément de rencontres. J’ai eu l’occasion de collaborer avec les institutions sportives, les ministères, les clubs et même de rencontrer à plusieurs reprises les plus hautes autorités du pays. C’est une aventure humaine exceptionnelle.
Quel message souhaitez-vous adresser aux Français installés au Luxembourg ?
Il faut s’intéresser au pays et sortir de sa zone de confort. Beaucoup de personnes disent qu’il n’y a rien à faire au Luxembourg, mais c’est faux. Entre les événements culturels, les balades dans la nature, les activités sportives et le patrimoine historique, il y a toujours quelque chose à découvrir. Le Luxembourg mérite qu’on prenne le temps de le connaître.
Une bande-son qui lui ressemble : France Gall et l’esprit de résistance
Parmi les artistes qui ont marqué Jean-François Boulot, une chanteuse occupe une place particulière : France Gall. Si son répertoire est riche, c’est surtout la chanson Résiste qui accompagne sa philosophie de vie.
« France, c’est déjà dans son nom », plaisante-t-il. Mais au-delà du clin d’œil à ses origines françaises, Jean-François apprécie surtout le message porté par ce titre emblématique. Pour lui, Résiste est une véritable invitation à avancer malgré les difficultés, à ne jamais renoncer et à garder confiance dans les moments compliqués. Une devise qui correspond parfaitement à son parcours, entre reconversion professionnelle, expatriation au Luxembourg et engagement bénévole dans le monde du rugby.
Et pour finir …
Avec son parcours riche et son engagement au service du sport, Jean-François Boulot incarne parfaitement ces Français du Luxembourg qui participent activement à la vie du Grand-Duché tout en conservant leurs racines françaises. Une belle leçon d’intégration et d’ouverture

