Lëtz France 2026 : Région IHEDN-Pôle Luxembourg

Article de Christophe Deage – président du Pôle Luxembourg de l’IHEDN, partenaire de la Communauté des Français du Luxembourg et mis en ligne par Christophe Biraud

Christophe Deage – Région IHEDN-Pôle Luxembourg

Lëtz France 2026 : Région IHEDN-Pôle Luxembourg invité à décrypter les nouveaux enjeux de sécurité au Luxembourg

Samedi 26 septembre, à l’occasion de Lëtz France au Lycée Vauban, Christophe Déage, président du Pôle Luxembourg de l’IHEDN, était invité à intervenir sur un sujet particulièrement actuel : « Sécurité : comprendre les nouveaux risques pour mieux y faire face ».

Organisée au Lycée Vauban à Luxembourg-Gasperich, cette deuxième édition de Lëtz France a réuni tout au long de la journée associations, entrepreneurs, institutions et acteurs de la communauté française et francophone du Luxembourg. L’événement, gratuit et ouvert à tous, proposait également des animations, des rencontres et des dégustations.

Une intervention très suivie sur les nouvelles formes de vulnérabilité

À 14 heures, Christophe Déage a animé une table ronde consacrée aux nouveaux enjeux de sécurité.

Pendant une vingtaine de minutes, suivies d’un temps d’échange avec la Proviseure adjointe du Lycée Vauban Nadine La Rosa et le public, il a proposé une lecture des transformations de notre environnement de sécurité :

  • évolution du contexte géopolitique,
  • cybermenaces,
  • désinformation,
  • dépendances énergétiques et numériques,
  • risques sur les chaînes d’approvisionnement
  • résilience des sociétés

Tout cela à partir d’une question simple :

Comment comprendre les nouvelles vulnérabilités de nos sociétés pour être mieux préparés à y faire face ? 

Un fil conducteur a structuré l’intervention : celui du « nexus des risques ».

Les crises contemporaines sont en effet, comme le souligne l’actualité, de moins en moins isolées. Une crise géopolitique peut avoir des conséquences énergétiques ; une perturbation énergétique peut affecter l’économie et les transports ; une cyberattaque peut toucher des services essentiels ; une campagne de désinformation peut fragiliser la confiance. 

Les risques se connectent, se renforcent et peuvent produire des situations de polycrise. Pour aider chaque citoyen à se préparer, le Gouvernement français a publié un guide pratique afin de développer les bons réflexes : https://www.info.gouv.fr/actualite/tous-responsables-un-guide-pour-mieux-faire-face-aux-risques

Un éclairage particulier sur le Luxembourg

Cette réflexion prend une dimension particulière au Luxembourg. Pays très ouvert, fortement numérisé et profondément intégré à son environnement européen et transfrontalier, le Grand-Duché bénéficie éminemment de cette interconnexion mais dépend également de nombreux flux : énergie, transports, chaînes logistiques, infrastructures numériques, approvisionnements et mobilité. Le gouvernement luxembourgeois, qui en a clairement conscience, a adopté une stratégie nationale de résilience sur cette base – qu’il est intéressant de connaître : https://gouvernement.lu/fr/actualites/toutes_actualites/communiques/2025/10-octobre/13-frieden-strategie-nationale-resilience.html

Pour l’intervenant, cette réalité conduit à élargir notre conception de la sécurité :

« La question n’est plus seulement de savoir quel risque nous devons empêcher, mais de comprendre de quoi nous dépendons et ce qui se passe lorsque plusieurs de ces dépendances sont perturbées simultanément. »

De la sécurité nationale à la résilience du citoyen.

L’un des points particulièrement concrets de l’intervention concernait la résilience individuelle et familiale. Que se passerait-il si, pendant quelques jours, les paiements électroniques ne fonctionnaient plus ? Si l’électricité était interrompue ? Si les transports ou les approvisionnements étaient perturbés ?

Au lieu d’en avoir peur, l’idée est simplement de développer une culture de l’anticipation : disposer chez soi de quelques réserves essentielles, d’eau et d’aliments conservables, d’une trousse de premiers secours, d’une lampe, de moyens de communication ou de recharge, et connaître les réflexes élémentaires en situation d’urgence. Des recommandations plus détaillées peuvent être consultées dans le document intitulé  » Tous responsables » du Gouvernement français, publié en 2025:

https://www.info.gouv.fr/actualite/tous-responsables-un-guide-pour-mieux-faire-face-aux-risques

Il s’agit de développer une capacité à rester autonome pendant les premières heures ou les premiers jours d’une perturbation et, surtout, à pouvoir aider les autres.

Une dimension moins visible : la résilience humaine

L’intervention a également abordé une dimension plus profonde de la résilience. Face aux crises extérieures — géopolitiques, climatiques, économiques ou numériques — il existe une vulnérabilité plus discrète : la capacité de chacun à se sentir capable d’agir, utile et relié aux autres. Une société résiliente ne repose pas uniquement sur des infrastructures solides. Elle repose aussi sur des citoyens capables de conserver leur discernement, de prendre des initiatives et de s’engager.

L’intervention a ainsi également abordé une dimension plus profonde de la résilience : la capacité de chacun à conserver son discernement et sa capacité d’agir lorsque les repères habituels disparaissent. 

À ce propos, l’intervenant a fait référence au film La Bataille de Gaulle. Au-delà de l’histoire militaire et politique, certaines scènes montrent un homme confronté à la solitude, au doute, à l’impuissance et à la nécessité de continuer à agir malgré l’incertitude. Elles illustrent une idée essentielle : la résilience ne se réduit pas aux moyens matériels dont nous disposons ; elle suppose aussi une force intérieure, nourrie par la dignité, les convictions, les liens humains et la capacité à donner un sens à son engagement.

Cette dimension rejoint une conviction développée dans les travaux de l’IHEDN Luxembourg : la résilience collective commence aussi par une forme de résilience intime. Une société mieux préparée aux crises est une société dans laquelle les citoyens ne sont pas seulement des bénéficiaires de dispositifs de sécurité, mais sont capables de rester acteurs, de prendre des initiatives et de se mobiliser au service de ses concitoyens.

C’est là que le rôle des associations, qui était célébré en ce jour au Lycée Vauban, prend toute son importance.

L’engagement personnel dans une association, comme dans les activités periscolaires proposées dans les lycées, crèent des liens plus intimes, développent la confiance, permettent aux personnes de se connaître et mieux se comprendre. Elles constituent des réseaux de proximité susceptibles de jouer un rôle précieux avant, pendant et après une crise.

En résumé, face aux menaces, il s’agit d’anticiper, en 3 étapes:

  • Comprendre pour agir.
  • Se préparer pour pouvoir aider.
  • Se comprendre pour agir ensemble.

La résilience d’une société ne dépend pas uniquement de la solidité de ses infrastructures. Elle dépend aussi de la capacité de ses citoyens à rester debout, à garder leur discernement, à se sentir utiles et à agir ensemble.

Une réflexion qui s’inscrit dans les travaux de l’IHEDN Luxembourg

Cette réflexion faisait directement écho aux travaux menés cette année par la Région IHEDN – Pôle Luxembourg, dont le cycle d’études 2025-2026 était consacré au thème :

« Citoyens engagés et résilience collective : préparer la société aux polycrises du XXIe siècle ».

Le rapport élaboré par les membres du Pôle Luxembourg et rédigé par Philippe Dann, son Raporteur, souligne notamment que la résilience ne peut pas reposer uniquement sur les institutions : elle suppose également la mobilisation des citoyens, des associations, des entreprises et des pouvoirs publics.

Fondé en 1993 par Bruno Théret, le Pôle Luxembourg constitue l’une des deux implantations historiques de l’IHEDN hors de France, avec Bruxelles. Il contribue depuis plus de trente ans au développement de la culture de défense et à la réflexion sur les grands enjeux stratégiques, en favorisant le dialogue entre acteurs civils, militaires, institutionnels, économiques et associatifs.


À propos de Lëtz France 2026

La deuxième édition de Lëtz France s’est tenue le samedi 26 septembre 2026 au Lycée Vauban, de 10h à 17h. L’événement était gratuit et ouvert aux Français du Luxembourg, aux frontaliers, aux francophones et à tous ceux qui souhaitent mieux connaître la vie française et francophone au Grand-Duché.

Lire l’article de présentation de Lëtz France 2026 sur la Communauté des Français du Luxembourg

Ou voir l’Instagram de LETZ FRANCE 2026

https://www.instagram.com/p/DddvngJgDwq/?stkn=bnE3MG9laDZrOTQ5

Un programme pour comprendre, découvrir et échanger autour de plusieurs temps forts:

Elle  a débuté à 10h autour d’un café et de croissants proposés par Luxembourg Accueil.

À 11h, David Soner a pris  le relais avec une performance graphique en direct accompagnée d’une conférence consacrée au Street Art.

À 12h15, place à la biodiversité avec Sophie Leguil, de la CISE, qui animé un Apéro de la Biodiversité.

Les échanges se sont  poursuisà 13h avec une conférence de Monde Avenir consacrée à l’immobilier luxembourgeois.

À 14h, Christophe Déage, de  Région IHEDN PôleLuxembourg, a abordé  les nouvelles menaces et enjeux de résilience.

La journée s’est poursuivie à 15h avec une table ronde consacrée à l’offre culturelle au Luxembourg, réunissant le TOL, l’Association Victor Hugo, Nicolas Steil et le responsable de l’Institut français et la visite d’une mascotte surprise !


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