Créé avec l’aide de l’Intelligence Artificielle et mis en ligne par Christophe Biraud avec photos ©️ Danielle Choucroun

Logement abordable au Luxembourg : une conférence riche en échanges et en solutions avec la Communauté des Français
35 participants réunis au Qosqo pour comprendre les prix de l’immobilier, les aides au logement et les solutions permettant de se loger au Grand-Duché.
Lundi 19 octobre 2026, la Communauté des Français du Luxembourg organisait une conférence consacrée à l’une des préoccupations majeures des résidents et des nouveaux arrivants : comment se loger au Luxembourg à un prix accessible ?
Organisée au restaurant Qosqo, situé place d’Armes à Luxembourg-Ville, cette rencontre a réuni 35 personnes, intervenants et invités compris, autour de trois spécialistes du secteur immobilier luxembourgeois.
La soirée était animée d’une main de maître par Jean-Michel Gaudron, ancien rédacteur en chef de Paperjam et membre de la Communauté des Français du Luxembourg. Son animation dynamique, ses questions pertinentes et sa capacité à faire dialoguer les intervenants ont largement contribué à la qualité des échanges.
Au programme : évolution des prix immobiliers, crise de la construction, loyers, aides financières, logements abordables et perspectives d’avenir.
Une conférence particulièrement instructive qui a permis de dépasser les constats habituels sur la cherté du logement pour examiner les solutions réellement disponibles.
Immobilier au Luxembourg : des prix qui ont plus que doublé depuis 2010
Premier intervenant de la soirée, Julien Licheron, chercheur au LISER (Luxembourg Institute of Socio-Economic Research), a dressé un panorama particulièrement éclairant de l’évolution du marché immobilier luxembourgeois.
Son constat est sans appel : malgré la correction observée ces dernières années, le Luxembourg demeure un marché particulièrement coûteux.
Entre 2010 et 2026, les prix de l’immobilier résidentiel ont enregistré une augmentation cumulée d’environ 105 %, selon les chiffres présentés lors de la conférence.
Après une progression relativement régulière de 4 à 5 % par an, le marché a connu une accélération spectaculaire, culminant en 2020 avec une hausse annuelle proche de 15 %.
L’augmentation des taux d’intérêt a ensuite provoqué une correction importante entre 2022 et 2024 :
- Environ 15 % de baisse pour les appartements existants.
- Environ 20 % de baisse pour les maisons.
- Une stabilisation progressive des prix depuis le milieu de l’année 2024.
Mais cette correction n’a pas suffi à rendre les logements accessibles à une large partie de la population.
Autre particularité soulignée par Julien Licheron : les écarts géographiques considérables entre Luxembourg-Ville et certaines communes du nord du pays.
Le prix des appartements existants peut ainsi approcher 10 000 euros par mètre carré dans la capitale, contre environ 5 000 euros dans certaines communes septentrionales.
Construction neuve : une crise qui pourrait aggraver la pénurie de logements
Si les transactions immobilières dans l’ancien ont retrouvé des niveaux comparables à ceux observés avant la crise, la situation reste beaucoup plus préoccupante pour la construction neuve.
Le marché des ventes en état futur d’achèvement (VEFA) peine toujours à redémarrer.
Julien Licheron a notamment expliqué que le nombre de transactions d’appartements en construction demeure très inférieur aux niveaux antérieurs à 2023.
Cette situation constitue une véritable inquiétude pour l’avenir.
En effet, les logements qui ne sont pas construits aujourd’hui risquent de manquer dans deux, trois ou quatre ans.
À cette difficulté s’ajoute la tension croissante sur le marché locatif.
Selon les données exposées pendant la conférence, les loyers des nouveaux contrats ont augmenté de 5,8 % sur les douze derniers mois.
Une conséquence notamment du report vers la location de nombreux ménages qui ne peuvent plus accéder à la propriété.
Aides au logement au Luxembourg : des dispositifs encore insuffisamment connus
Deuxième temps fort de la conférence : l’intervention de Jean-François Muller, représentant du Service des aides au logement du ministère du Logement et de l’Aménagement du territoire.
Plutôt qu’une présentation purement administrative, l’intervenant a privilégié les échanges avec le public et les exemples concrets.
Son objectif : rappeler qu’il existe au Luxembourg de nombreuses aides financières, parfois méconnues des personnes qui pourraient en bénéficier.
Quelles aides pour les locataires ?
Plusieurs dispositifs ont été présentés :
- La subvention de loyer, pouvant atteindre 520 euros par mois selon la composition du ménage et ses revenus.
- La garantie locative de l’État, destinée à faciliter l’accès à un logement lorsque le locataire ne dispose pas immédiatement des fonds nécessaires.
- Les dispositifs d’accompagnement permettant aux ménages remplissant les conditions d’accéder à une location abordable.
Le montant des aides dépend notamment des revenus, de la composition du foyer et des conditions légales d’éligibilité.
Quelles aides pour devenir propriétaire ?
Jean-François Muller a également présenté les principaux soutiens à l’acquisition immobilière :
- La prime d’accession à la propriété.
- La prime d’épargne.
- La subvention d’intérêt sur un prêt immobilier.
- La garantie de l’État.
- Les aides à la rénovation et à l’amélioration du logement.
- Les dispositifs favorisant les logements intégrés et certains aménagements spécifiques.
Un exemple chiffré a permis d’illustrer les possibilités offertes à une famille avec deux enfants souhaitant contracter un crédit immobilier.
Le message essentiel : avant de renoncer à un projet d’achat ou de location, il peut être utile de vérifier précisément les aides auxquelles son ménage est éligible.
Le ministère met notamment à disposition des simulateurs et des services d’accompagnement permettant d’évaluer les dispositifs accessibles en fonction de chaque situation.
Fonds du Logement : construire des quartiers et pas seulement des habitations
Troisième intervenant, Jacques Vandivinit, directeur du Fonds du Logement, a présenté les missions et les projets de cet établissement public, acteur majeur de la production de logements abordables au Luxembourg.
Sa présentation a permis de mieux comprendre une distinction fondamentale : le Fonds du Logement ne se limite pas à la construction de logements sociaux.
Il intervient également dans l’aménagement de terrains, la réhabilitation de friches industrielles, la rénovation de bâtiments et la création de quartiers entiers.
Parmi les chiffres évoqués :
- Environ 2 400 logements locatifs gérés dans une soixantaine de communes.
- Un programme d’investissement de l’ordre de 1,5 milliard d’euros sur cinq ans.
- Environ 250 logements produits ou acquis par an, selon les opérations.
- Quelque 9 500 candidats locataires en attente, selon les données présentées pendant la soirée.
Ces chiffres illustrent l’ampleur du défi.
Le Fonds du Logement développe notamment d’importants projets sur d’anciennes friches industrielles, avec l’ambition de créer de nouveaux quartiers associant logements, infrastructures et espaces de vie.
Jacques Vandivinit a également insisté sur l’importance de la mixité sociale et sur l’ouverture des logements abordables à une population plus large, y compris certains ménages de la classe moyenne.
Acheter un logement en emphytéose : une solution à mieux connaître
Parmi les sujets ayant particulièrement retenu l’attention du public figure l’achat immobilier en emphytéose.
Ce mécanisme permet d’acquérir un logement sans devenir propriétaire du terrain sur lequel il est construit, celui-ci restant détenu par le propriétaire foncier dans le cadre d’un bail de longue durée.
La réduction de la composante foncière peut ainsi rendre l’accession à la propriété plus abordable.
Jacques Vandivinit a encouragé les ménages envisageant de rester durablement au Luxembourg à s’intéresser à cette formule.
Toutefois, l’emphytéose ne répond pas à une logique d’investissement spéculatif : les conditions de revente et de valorisation sont encadrées.
L’objectif est avant tout de permettre aux ménages d’accéder à un logement pour y vivre durablement, et non de réaliser une plus-value comparable à celle du marché immobilier classique.
Pourquoi le Luxembourg ne construit-il pas davantage de logements ?
C’est l’une des questions centrales qui a animé les débats.
Pour Julien Licheron, le principal problème ne réside pas uniquement dans la disponibilité des terrains, mais dans leur mobilisation effective.
Selon les données présentées, environ 3 500 à 3 700 hectares de terrains sont déjà identifiés comme destinés à l’habitation dans les documents d’urbanisme communaux.
Or, seuls 14 % environ de ces terrains appartiennent à des acteurs publics.
Une grande partie du foncier demeure entre les mains de propriétaires privés, qui n’ont pas nécessairement intérêt à vendre ou à construire rapidement.
La faible taxation de certains terrains non bâtis a également été évoquée comme l’un des facteurs pouvant favoriser leur conservation à long terme.
Les intervenants ont ainsi débattu de plusieurs leviers possibles : mobilisation du foncier, fiscalité immobilière, simplification administrative et accélération des autorisations de construire.
Pour Jacques Vandivinit, les lourdeurs administratives et la complexité réglementaire constituent également des obstacles considérables, notamment pour les projets de grande ampleur qui nécessitent parfois plus de dix années de préparation.
Financement, fiscalité et solidarité : les échanges avec le public
La dernière partie de la conférence a donné lieu à des échanges particulièrement intéressants entre les participants et les trois experts.
Plusieurs interrogations ont été soulevées :
Faut-il revoir les règles de financement immobilier ?
L’accès au crédit, les apports personnels exigés par les banques et le coût des emprunts ont été largement discutés.
La possibilité de développer de nouveaux mécanismes, notamment la location-accession permettant de constituer progressivement un apport, a également été évoquée.
Faut-il davantage taxer les terrains non construits ?
La mobilisation du foncier privé et l’évolution de la fiscalité foncière ont fait l’objet d’échanges nourris.
Comment mieux utiliser les logements existants ?
La question des habitations sous-occupées, des grands logements devenus inadaptés aux besoins de leurs occupants et de la mobilité résidentielle au fil de la vie a également été abordée.
Comment accélérer la construction de logements abordables ?
Au-delà des financements nécessaires, les intervenants ont insisté sur le besoin de simplifier les procédures, de mieux coordonner les administrations et de faciliter la réalisation des projets.
Enfin, Jacques Vandivinit a particulièrement insisté sur une dimension parfois oubliée du débat : la solidarité.
Son intervention a rappelé que la crise du logement ne pourra être résolue uniquement par des mesures techniques ou financières.
Elle nécessite aussi un engagement collectif des pouvoirs publics, des communes, des propriétaires fonciers et de l’ensemble des acteurs du secteur.
Une conférence utile, accessible et ouverte au dialogue
Tout au long de la soirée, Jean-Michel Gaudron a parfaitement orchestré les interventions et les échanges, permettant à chacun des trois spécialistes d’apporter son éclairage tout en donnant la parole aux participants.
Son animation a permis de rendre accessibles des sujets parfois complexes, de confronter les points de vue et d’aborder sans détour les difficultés rencontrées par les ménages souhaitant se loger au Luxembourg.
Avec 35 personnes présentes, la soirée a privilégié une formule conviviale, favorisant les questions directes et les échanges avec les intervenants.
Au-delà des statistiques, elle a permis à chacun de repartir avec une meilleure compréhension du marché immobilier, mais également avec des pistes concrètes pour identifier les aides disponibles et les possibilités d’accès au logement abordable.
La Communauté des Français du Luxembourg poursuit sa mission d’information et d’entraide
Avec cette conférence, la Communauté des Français du Luxembourg confirme une nouvelle fois sa volonté d’accompagner les Français, les francophones et les nouveaux arrivants dans leur installation et leur vie quotidienne au Grand-Duché.
Le logement constitue en effet l’une des principales difficultés rencontrées par les personnes qui souhaitent s’établir au Luxembourg, mais aussi par celles qui y résident depuis plusieurs années.
Au-delà de ses rencontres conviviales et de ses afterworks, la Communauté entend continuer à développer des initiatives utiles autour de l’emploi, du logement, de la fiscalité, de la santé, de l’éducation et de l’intégration.
Un grand merci à Julien Licheron, Jean-François Muller et Jacques Vandivinit pour la qualité de leurs interventions, leur disponibilité et leurs réponses aux nombreuses questions.
Merci également à Jean-Michel Gaudron, qui a conduit cette soirée d’une main de maître, ainsi qu’au restaurant Qosqo pour son accueil et à l’ensemble des participants pour leur présence et la richesse des discussions.
Une soirée qui rappelle qu’au Luxembourg, le logement reste un défi majeur, mais que des solutions existent et méritent d’être mieux connues, discutées et développées.






























































































Informations et liens utiles
- Ministère du Logement et de l’Aménagement du territoire
- Subvention de loyer au Luxembourg
- Logements locatifs abordables
- Simulateur des loyers de l’Observatoire de l’Habitat
- Fonds du Logement
- Annonce initiale de la conférence du 19 octobre 2026
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