
A31 bis (Nord Mosellan) : le péage, une fausse bonne idée pour frontaliers et habitants côté français et Luxembourgeois
Contexte sur l’A31bis
Entre Thionville et la frontière luxembourgeoise, l’autoroute A31 est devenue au fil des années l’un des axes les plus saturés de France. Chaque jour, des milliers de travailleurs frontaliers empruntent cette route stratégique pour rejoindre le Luxembourg, tandis que les habitants du Nord mosellan subissent embouteillages, nuisances sonores et difficultés de mobilité.
Face à cette situation, l’association NAPA31NM (Non Au Péage sur l’A31 Nord-Mosellan) soutient clairement l’élargissement de l’actuelle A31 en 2×3 voies ainsi que sa modernisation, des travaux jugés indispensables depuis longtemps. En revanche, l’association s’oppose fermement à toute mise en place d’un péage entre l’échangeur 42 de Thionville (« Étoile ») et la frontière luxembourgeoise.
Selon ses représentants, rendre payant un axe aussi essentiel ne résoudrait pas durablement les problèmes de circulation et risquerait au contraire d’aggraver les difficultés quotidiennes des habitants et des travailleurs transfrontaliers.
Un risque majeur : le report du trafic vers les routes secondaires
L’un des principaux arguments avancés contre le péage concerne le risque massif de report du trafic sur les routes gratuites. Beaucoup d’automobilistes, notamment les frontaliers, pourraient éviter l’autoroute payante pour emprunter les axes départementaux et communaux afin de limiter leurs dépenses quotidiennes.
Cette situation pourrait provoquer :
- une augmentation importante de la circulation dans les villages ;
- davantage d’embouteillages sur les axes secondaires ;
- une dégradation de la sécurité routière ;
- une hausse des nuisances pour les riverains.
Plusieurs communes situées autour de la D58, comme Volmerange-les-Mines, Escherange-Molvange, Angevillers ou encore Fontoy, craignent déjà les conséquences d’un tel report de trafic.
Des risques de congestion dans les villes frontalières et sur les axes en direction de la ville de Luxembourg
Les opposants au péage alertent également sur un risque important de congestion des villes frontalières et des axes secondaires au Luxembourg comme en Moselle. En cherchant à éviter une autoroute payante, de nombreux automobilistes pourraient se reporter massivement vers les réseaux routiers secondaires et transfrontaliers. Cette situation risquerait d’aggraver fortement les embouteillages dans plusieurs communes déjà très fréquentées aux heures de pointe, notamment à Mondorf-les-Bains, Frisange, Dudelange ou encore Rodange.
Les habitants craignent une augmentation du trafic de transit dans les centres-villes, davantage de nuisances sonores et de pollution, mais aussi une dégradation globale de la mobilité locale. Pour les défenseurs d’une A31bis gratuite, le péage pourrait donc déplacer le problème sans réellement résoudre la saturation actuelle des infrastructures routières.
Une « double peine » pour les travailleurs frontaliers
Pour les frontaliers, le péage représenterait une charge financière considérable. D’après les estimations évoquées dans le dossier, le coût pourrait atteindre près de 11 euros par jour à horizon 2035 pour un véhicule léger, soit jusqu’à 2500 euros par an.
L’association dénonce une véritable « double peine » :
- l’absence d’alternatives de transport suffisamment efficaces ;
- puis l’obligation de payer chaque jour pour aller travailler.
Le ferroviaire, souvent présenté comme une solution, reste aujourd’hui insuffisant face au nombre croissant de frontaliers. Les capacités annoncées ne permettraient pas d’absorber les flux attendus dans les prochaines années.
Une autoroute payante… mais peut-être sous-utilisée
Autre inquiétude : une infrastructure payante pourrait finalement être peu utilisée. Certaines analyses citées dans le document évoquent le risque que les automobilistes continuent à privilégier l’A31 gratuite malgré sa saturation.
L’association rappelle notamment qu’un projet similaire près de Lyon avait connu des difficultés comparables avant qu’une portion d’autoroute ne redevienne gratuite.

Des inégalités sociales et territoriales dénoncées
Pour NAPA31NM, le péage pénaliserait principalement :
- les habitants du Nord mosellan ;
- les salariés modestes ;
- les navetteurs quotidiens vers le Luxembourg.
L’association considère qu’un axe structurant aussi important ne devrait pas dépendre du pouvoir d’achat des usagers.
Des alternatives proposées au “tout routier”
Au-delà du refus du péage, l’association propose également plusieurs pistes pour améliorer durablement la mobilité transfrontalière :
- renforcer fortement le ferroviaire ;
- développer des voies réservées aux bus ;
- encourager le covoiturage avec des voies dédiées ;
- créer davantage de parkings relais ;
- renforcer la coopération avec le Luxembourg sur les transports transfrontaliers.
- Inciter les entreprises aux « Flexi-horaires»
- Évolution de la fiscalité frontalière / télétravail
Pour NAPA31NM, l’avenir de la mobilité dans le Nord mosellan doit passer par une stratégie globale et équilibrée plutôt que par une autoroute payante qui risquerait d’aggraver les déséquilibres existants.
Une demande claire : conserver une A31 gratuite
L’association réaffirme donc sa position : oui à l’aménagement et à la modernisation de l’A31, mais non à un péage entre Thionville et le Luxembourg. Elle réclame également une égalité de traitement entre les différents secteurs de l’A31 et s’interroge sur d’autres solutions de financement, comme une éventuelle écotaxe régionale.
Dans un territoire où les déplacements transfrontaliers sont devenus indispensables à l’économie locale, le débat autour de l’A31 reste plus que jamais au cœur des préoccupations des habitants du Nord mosellan.
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