Interview réalisée par Christophe Biraud pour la Communauté des Français du Luxembourg, le 9 octobre 2026.

Léa Carat : de la joaillerie à la chanson française, le parcours d’une Parisienne devenue Luxembourgeoise
Installée au Luxembourg depuis 25 ans, Léa Sitbon, connue sous son nom d’artiste Léa Carat, mène une double vie professionnelle entre joaillerie et chanson française. Parisienne d’origine, Luxembourgeoise d’adoption, cette entrepreneuse et artiste passionnée se produira le 28 octobre 2026 au Centre culturel Schéiss, à Luxembourg-Belair. Rencontre avec une femme attachante qui a fait du Grand-Duché son pays de cœur.
C’est au bar Le Komptoir, à Luxembourg, que nous avons rencontré Léa Carat ce vendredi 9 octobre 2026, dans le cadre de notre série de portraits consacrés aux Français du Luxembourg.
Pendant cet entretien, Léa nous raconte son installation au Grand-Duché, son parcours de maman, son expérience de commerçante, ses passions et cette aventure musicale qui prend aujourd’hui une nouvelle dimension.
De Paris à Luxembourg, en passant par San Francisco et Londres
Née à Paris, où elle grandit dans le 13e arrondissement, Léa suit un parcours résolument international. Après des études parisiennes, elle poursuit sa formation aux États-Unis, séjourne à San Francisco, puis s’installe pendant cinq ans à Londres.
C’est finalement le Luxembourg qui deviendra son port d’attache.
« Je suis une Française installée au Luxembourg depuis 25 ans. J’ai pris la nationalité luxembourgeoise assez rapidement et j’y ai construit ma vie. »
Son arrivée au Grand-Duché est d’abord motivée par des raisons familiales et par la recherche d’une meilleure qualité de vie. Son mari de l’époque, qui connaissait le Luxembourg professionnellement, lui avait vanté les avantages du pays.

Ce qui devait être une étape devient progressivement une véritable histoire d’amour avec le Luxembourg.
« Souvent, on arrive au Luxembourg pour quelques années et finalement, on y reste. On se fait des amis, on construit son activité et on apprécie le confort de vie. »
Une histoire dans laquelle de nombreux Français installés au Grand-Duché se reconnaîtront certainement.
Et petite anecdote amusante : Léa possède deux dates d’anniversaire ! Officiellement née le 2 avril, elle serait en réalité venue au monde le 1er avril, selon sa mère, en raison d’une horloge qui avançait. Une jolie façon de commencer ce portrait avec le sourire…
La joaillerie, une passion devenue métier
Depuis 25 ans, Léa exerce son activité dans la joaillerie au Luxembourg.
Sa première bijouterie-atelier se trouvait rue Münster, dans le quartier du Grund. Elle se souvient, avec beaucoup d’affection, de ce lieu qui occupait une place centrale dans sa vie professionnelle et familiale.
Son atelier, d’une superficie d’environ 160 m², est devenu au fil des années bien plus qu’un simple commerce. Ses enfants y ont également passé une partie de leur enfance.
À cette époque, Léa ouvre notamment sa boutique certains dimanches, profitant de l’animation culturelle et touristique du quartier.
C’est aussi par son activité professionnelle et son engagement associatif, notamment auprès de Luxembourg Accueil, qu’elle développe rapidement son réseau et noue de nombreuses amitiés.
Aujourd’hui encore, elle exerce son métier avec passion, tout en poursuivant une deuxième aventure artistique : la musique.
Léa Carat : une passion pour la musique et les chansons à texte
La musique accompagne Léa depuis son enfance.
Initiée très jeune au piano classique, elle développe une affection particulière pour la chanson française et les artistes capables de raconter des histoires au travers de leurs textes.
Barbara, Jean-Jacques Goldman, Renaud ou encore Charles Aznavour font partie des univers musicaux qui l’ont marquée.
Mais Léa ne se contente pas d’écouter : elle aime également écrire.

Au fil des années, plusieurs rencontres artistiques lui permettent de renouer avec le piano puis la guitare, de découvrir davantage le piano jazz et de travailler ses compositions.
« J’avais des textes et j’ai finalement adapté ces textes en musique pour créer mes propres chansons. Ce sont vraiment des histoires, des fragments de vie. »
Cette démarche donne naissance à son premier album, Fragments, sorti le 5 décembre 2025.
À travers ce projet personnel, Léa Carat transforme des moments de vie, des émotions et des rencontres en chansons.
Son univers musical navigue entre chanson française, jazz, bossa nova et musiques du monde.
Après un premier grand spectacle parisien en janvier 2026 devant environ 200 personnes, puis un spectacle piano-voix au festival Avignon, elle décide désormais de partager ses compositions avec le public luxembourgeois.
Un premier concert à Luxembourg le 28 octobre 2026
C’est un rendez-vous particulièrement important pour Léa Carat.
Le mercredi 28 octobre 2026 à 19:30, elle présentera pour la première fois son univers musical sur scène au Luxembourg, au Centre culturel Schéiss, à Belair.
Pour cette soirée, elle sera entourée de musiciens qui l’accompagnent dans son projet artistique, notamment le pianiste Jacques Boutineau, qui a collaboré avec de grands noms de la chanson, et la guitariste Sheliyah Masry.
Ida Driscoll participera également au concert aux chœurs.
Le public pourra découvrir plusieurs titres de son album Fragments, ainsi qu’un répertoire mêlant sensibilité, poésie et influences musicales variées.
Pour cette artiste qui a construit une grande partie de sa vie au Luxembourg, ce concert représente une étape symbolique.
« Jusqu’à présent, je n’avais jamais présenté ma musique au Luxembourg. Je me suis dit que ce serait sympathique d’organiser un premier concert. »
Le Luxembourg, un pays d’adoption et de belles rencontres
Lorsqu’on interroge Léa sur ses endroits préférés à Luxembourg, les souvenirs remontent immédiatement.
Elle a successivement vécu à Bonnevoie, dans le centre-ville, puis dans le quartier de la Pétrusse, qu’elle apprécie tout particulièrement.
« C’est un quartier calme, agréable et finalement très proche du centre-ville. »
Parmi ses adresses favorites figurent notamment la Chocolate House, le restaurant mexicain Mamacita ou encore certains établissements du centre-ville.
Mais si elle devait accueillir des amis ou de la famille pour un week-end, sa première destination serait sans hésitation le Grund.
Ce quartier historique possède une place particulière dans son cœur. Elle y a passé de nombreuses années, entre son atelier, ses enfants, ses clients et la vie de quartier.
Elle apprécie son atmosphère de village, ses promenades et sa proximité immédiate avec le centre-ville.
Pour compléter la visite, Léa recommande également de découvrir le parc de Merl et les quartiers résidentiels de Belair et de profiter des nombreux espaces naturels du Luxembourg.
Scolarité au Luxembourg : le témoignage d’une maman de trois garçons

L’un des passages les plus intéressants de notre interview concerne l’éducation et l’intégration scolaire.
Maman de trois garçons, Léa a fait le choix de les inscrire dans le système scolaire luxembourgeois.
Une décision guidée par sa volonté de favoriser leur intégration et leur apprentissage des langues.
Mais avec le recul, son analyse est nuancée.
Malgré sa maîtrise de l’allemand et du luxembourgeois, elle explique avoir rencontré certaines difficultés pour accompagner les parcours scolaires de ses enfants.
Chacun a connu une expérience différente, avec parfois des réorientations ou des choix d’établissement complexes.
« Si j’avais les choses à refaire, je les ferais d’une façon différente, c’est certain. »
Léa considère que l’école fondamentale luxembourgeoise peut être un excellent choix pour favoriser l’intégration des enfants, mais invite les familles françaises à examiner attentivement les possibilités offertes au secondaire.
Elle souligne notamment le développement des établissements publics internationaux, qui offrent aujourd’hui davantage d’alternatives aux familles.
Un témoignage particulièrement utile pour les nouveaux arrivants, alors que la scolarisation constitue l’une des interrogations récurrentes au sein de la Communauté des Français du Luxembourg.
Un regard lucide sur l’évolution de Luxembourg-ville
Après un quart de siècle passé au Grand-Duché, Léa porte un regard à la fois reconnaissant et attentif sur l’évolution de son pays d’adoption.

Elle continue d’apprécier le caractère international du Luxembourg, les rencontres et la qualité de vie.
Mais elle exprime également certaines préoccupations concernant l’évolution du centre-ville.
En tant que commerçante et résidente, elle observe notamment les difficultés liées à la précarité, à la mendicité et au sentiment d’insécurité exprimé par certaines personnes qui viennent en ville.
Elle reconnaît la complexité de ces situations, les efforts des associations et le travail engagé par la Ville de Luxembourg.
Pour elle, il s’agit néanmoins d’un sujet important qui mérite des réponses concrètes et durables afin de préserver l’attractivité du centre-ville et la sérénité des habitants.
Et la retraite ? Pas vraiment à l’ordre du jour !
Lorsqu’on évoque la retraite, Léa sourit.
Entre sa bijouterie, ses créations musicales et ses projets, elle n’imagine pas véritablement arrêter ses activités.
« Je suis passionnée par mon métier et par la musique. Je ne me vois pas m’arrêter. »
Si elle envisage un jour de profiter davantage du soleil, elle n’imagine pas pour autant limiter ses liens avec le Luxembourg.
Comme beaucoup de Français devenus Luxembourgeois de cœur, elle pourrait parfaitement envisager de partager son temps entre le Grand-Duché et une destination plus ensoleillée.
Mais pour l’heure, Léa Carat regarde surtout vers l’avenir, les rencontres et la scène.
Une artiste et une femme engagée dans sa vie luxembourgeoise
Au terme de cet entretien, une évidence se dégage : Léa Carat appartient à cette génération de Français qui sont arrivés au Luxembourg pour quelques années et y ont finalement construit leur vie.
Entre entrepreneuriat, vie familiale, intégration, création artistique et attachement au territoire, son parcours illustre la richesse des trajectoires françaises au Grand-Duché.
Son histoire témoigne aussi du fait qu’il n’est jamais trop tard pour donner une nouvelle dimension à une passion.
Après 25 ans dans la joaillerie, Léa poursuit sa carrière musicale avec enthousiasme, sans abandonner son premier métier.
Et quoi de plus naturel, finalement, pour une joaillière habituée à façonner des bijoux que de ciseler aujourd’hui des chansons ?
La Communauté des Français du Luxembourg lui souhaite une très belle réussite pour son concert du 28 octobre.
Agenda : Léa Carat en concert à Luxembourg

- Date : mercredi 28 octobre 2026
- Horaire : 19h30 à 22h00
- Lieu : Centre culturel Schéiss
- Adresse : 142, Val-Sainte-Croix, L-1370 Luxembourg-Belair
- Artiste : Léa Carat
- Musiciens : Jacques Boutineau, Sheliyah Masry et Ida Driscoll
- Album présenté : Fragments
- Billetterie : https://my.weezevent.com/lea-carat-en-concert-a-luxembourg
- Site de l’artiste : https://leacarat.fr/
Interview réalisée le 9 octobre 2026 au Komptoir par Christophe Biraud, fondateur de la Communauté des Français du Luxembourg.
Les informations du concert et des musiciens ont été recoupées avec la billetterie officielle.

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